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Dénonciation des salariés : merci patrons !

L’être humain est plein de surprises. En ce temps obscurs, on le croit volontiers égoïstes et individualiste, prompt à enfoncer son prochain pour assurer ses arrières. Nos quotidiens respectifs ne manquent pas d’exemples validant cette thèse, sur la route comme ailleurs. Il y a pourtant, ci-et-là, de vraies raisons de croire encore au sens commun et aux valeurs désuètes de la solidarité et de la fraternité.

Il y a quelques semaines, je vitupérais ici-même suite à l’entrée en vigueur au 1er janvier dernier de la loi obligeant les chefs d’entreprise à dénoncer leurs employés soupçonnés d’avoir commis une infraction avec un véhicule de flotte. Ce texte nauséabond instaure un devoir de délation sous peine d’une amende de 750 €. Je m’inquiétais, à juste titre, de la menace que fait peser cette mesure sur l’emploi de milliers de salariés obligés d’abattre les kilomètres pour nourrir leur famille.

Je me trompais. En partie du moins. Car depuis la publication de ce billet, des dizaines de patrons anonymes ont contacté mon cabinet. De la modeste PME au dirigeant de multinationale, tous ont la même préoccupation : protéger à tout prix leurs salariés ainsi exposés. Car ces hommes et femmes entrepreneurs savent ce que les gouvernants biberonnés à l’argent public ignorent : la création de richesses repose aussi sur l’estime et la confiance qui existent entre employeur et employé.

A la délation facile et confortable, ces chefs d’entreprise font donc le choix de la rébellion. Ils veulent se battre, à mes côtés, pour contester systématiquement les amendes reçues par leurs subordonnés. Des VRP, des routiers, des commerciaux, des chauffeurs-livreurs, dont l’immense majorité, loin de la grande délinquance routière, est frappée par une réalité statistique de bon sens : plus on conduit, plus on s’expose au risque de commettre une infraction.

Sans les nommer – car je sais ce que leur courage pourrait leur coûter – je tiens ici à les remercier pour avoir fait mentir les prévisions les plus pessimistes qui supposaient que la peur du képi suffirait à les rendre couards et dociles. Il en faudrait sans doute plus, en ces temps de crise, pour convaincre un patron sensé de condamner au chômage un travailleur honnête et assidu dans le seul but de donner raison à une poignée de technocrates subventionnés.

A tous, je vous dis merci et surtout un grand bravo. Votre sursaut est la plus belle des réponses face aux obscurantistes qui rêvent d’une société de délation généralisée. Puissent d’autres chefs d’entreprise suivre votre exemple vertueux. Votre bravoure vous honore. Je fais le vœu qu’elle nous inspire.

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