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Gants obligatoires à moto : incitons au lieu de contraindre

Ces six derniers mois ont été riches en initiatives gouvernementales. Je ne parle pas ici de mesures efficaces contre la pauvreté ou le chômage mais des efforts accomplis pour mettre les usagers de la route au pas. Malgré ma vigilance, il y en a une sur laquelle je n’ai pas encore eu le plaisir de vitupérer ici, et dont la portée dépasse largement le public visé : le port obligatoire des gants pour nos amis les motards.

Le décret en question est entré en vigueur le 20 novembre dernier. Il oblige tout conducteur de deux-roues motorisé (du gros cube à la mobylette) et son éventuel passager à porter des gants adaptés et homologués (les gants de ski ou de vaisselle ne comptent pas hein) sous peine d’une amende de 68 € et du retrait d’un point sur le permis de conduire.

A première vue, pas de quoi déchirer sa carte de vote. Pourtant, c’est la première fois depuis 1973 et l’imposition du port de la ceinture de sécurité qu’un équipement de sécurité facultatif devient obligatoire. Mais contrairement à la ceinture, qui permet notamment de ne pas vous transformer en projectile vivant, l’absence de gants ne fait courir aucun danger aux autres usagers.

Cette nuance est importante. Dans une société libre, il est interdit de faire du mal aux autres mais il est autorisé de se faire du mal à soi-même. Fumer est nocif mais légal. Boire à haute dose aussi, sauf au volant, précisément parce qu’on devient potentiellement dangereux pour autrui. Or tenir son guidon à mains nues est préjudiciable pour celui qui chute et lui seul.

On pourra rétorquer qu’au fond, forcer les citoyens à prendre soin d’eux-mêmes est une bonne chose. C’est oublié que ce raisonnement créé un précédent. Il ouvre la voie à d’autres mesures de ce type désormais envisageables, comme l’obligation de conduire une voiture équipée d’airbags, qui entraînerait un changement de véhicules contraint pour des milliers d’automobilistes roulant avec de vieux modèles.

Comme souvent sur ces questions, je suis favorable à l’incitation plutôt qu’à l’obligation. Ami technocrate, tu cherches un moyen simple de convaincre les motards et autres usagers de se soucier de leur propre sécurité ? J’ai la solution : baisser les taxes sur les équipements dédiés. Bien sûr, les caisses de l’Etat en souffrirait, mais tu t’en moques : c’est notre santé avant tout qui t’intéresse, non ?

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