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Le recordman des excès de vitesse écope d’une simple amende

Armé d’un bon avocat, un automobiliste accusé à l’origine de 484 excès de vitesse et usages du portable au volant s’en sort avec une peine minime.

«La montagne accouche d’une souris », ironisait hier Me Jean-Baptiste Iosca, l’avocat de Yossef G., à la sortie du tribunal d’instance de Juvisy-sur-Orge (Essonne). Soupçonné de 484 excès de vitesse et usages de téléphone au volant, cet automobiliste s’en sort avec une peine minime : 2200 € d’amendes et six mois de suspension de permis. Et encore, il devrait finalement conserver son permis, grâce à un tour de passe-passe de son avocat. C’est fin 2009 que le Centre automatisé de constatation des infractions routière (Cacir), qui centralise à Rennes les amendes émises par les radars automatiques, donne l’alerte. Une Mini cabriolet immatriculée au Luxembourg apparaît sur des centaines de clichés pris par les flashs franciliens. Au total, 484 infractions depuis 2006. Un record national! Grâce à un numéro de téléphone retrouvé chez le garagiste qui entretient la voiture, la police remonte à Yossef, chef d’entreprise de 27 ans qui habite Brunoy (Essonne) et travaille à Croissy-Beaubourg (Seine-et-Marne). L’enquête va montrer que son téléphone portable se trouvait près des radars lorsque la Mini était flashée. Mieux : l’immatriculation du véhicule — que l’on peut personnaliser au Luxembourg — porte ses initiales. Mais il y a un hic! La loi du Luxembourg ne permet pas aux enquêteurs d’obtenir les contrats de location. Impossible donc de prouver que Yossef était au volant. Convoqué par le tribunal de police de Juvisy le 9 juillet, le chef d’entreprise nie en bloc, parlant de « hasard » et de « coïncidence ». Le dossier s’est alors allégé. Sur les 484 faits, 286 sont prescrits et des éléments manquent pour les 198 restants. Au bout du compte, le tribunal s’est penché sur 11 excès de vitesse et 4 usages de téléphone au volant, car on identifie le conducteur sur les photos. Il s’agit d’un homme avec des cheveux longs et sans lunettes. Mais à la barre, Yossef arbore une coupe courte et d’épaisses lunettes. Interloquée, la présidente du tribunal a dû chausser ses lunettes pour vérifier que les clichés étaient authentiques. Dans leur délibéré rendu hier, les juges ont finalement condamné Yossef pour sept infractions seulement, pour lesquelles les photos sont assez précises. Toutes correspondent au radar de Champigny-sur-Marne sur l’A 4, le seul apparemment à faire des images suffisamment nettes. Outre les amendes, Yossef écope d’une suspension de permis de six mois. Sauf qu’elle est inapplicable, assure son avocat, Me Iosca. Interpellé pour d’autres affaires, le prévenu est aujourd’hui sans permis. « Et on ne peut suspendre un permis déjà annulé », savoure l’avocat expert de la délinquance routière. Or, récemment, son conseil a obtenu l’annulation de la suspension pour vice de procédure. Yossef retrouvera donc son permis dans quinze jours avec ses douzes points! Le ministère public a dix jours pour faire appel. Les gendarmes de la brigade motorisée de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) ont interpellé, la semaine dernière, un motard qui avait diffusé ses exploits, en l’occurrence ses excès de vitesse, sur le site d’échange de vidéos YouTube. Les enquêteurs, aidés d’un cybergendarme, ont identifié l’internaute et l’ont arrêté chez lui à Wimereux (Pas-de-Calais). Le chauffard, âgé de 32, ans a reconnu les faits et sera jugé le 18 novembre. En attendant, sa moto a été saisie ainsi que son matériel vidéo.

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