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Permis à points : les conducteurs font leurs comptes en préfecture

APRÈS la ruée sur les routes des vacances, la ruée vers les préfectures ? Entre les radars et les contrôles tous azimuts des gendarmes durant l’été, nombre d’automobilistes ont rejoint leur domicile avec quelques interrogations mêlées d’inquiétude. Ont-ils été flashés et combien de points leur reste-t-il ? Depuis quelques jours, ils sont ainsi plus nombreux à venir retirer à la préfecture leur code confidentiel afin de pouvoir ensuite consulter chez eux sur Internet leur dossier. Un service entré en vigueur le 2 juillet et baptisé Télépoints.

C’est le cas dans les Hauts-de-Seine. « 160 personnes venaient chaque jour à nos guichets et, tout récemment, on en a comptabilisé 240 », indique Michelle, chef de section des permis de conduire à la préfecture. Cette affluence va gonfler d’un coup les chiffres du ministère de l’Intérieur. Depuis le lancement de Télépoints, les préfectures ont délivré 332 818 codes confidentiels et le site a été visité à 287 456 reprises.
« Un beau début », se félicite Patrice Chazal, chef du service du fichier national des permis de conduire. « Dès le lendemain du lancement de Télépoints, la fréquentation de nos guichets a décollé. On est passé de 600 visites par mois à 2 400 en juillet », note Pierre Builly, sous-directeur de la citoyenneté et des libertés publiques, chargé des permis de conduire à la Préfecture de police de Paris. Mais, aux guichets, les fonctionnaires ont aussi essuyé quelques colères.

Car en communiquant le code secret aux automobilistes, ils remettent également le relevé d’informations intégral. Un formulaire qui délivre le nombre de points restant assorti de l’historique des infractions commises. Certains se sont alors aperçus qu’ils étaient à « zéro ». « Les employés de mon service ont été formés pour calmer les esprits et expliquer les sanctions », indique la responsable des Hauts-de-Seine qui a dû parfois isoler des administrés particulièrement virulents.

Goulot d’étranglement

Au contraire, d’autres automobilistes ont eu de belles surprises. C’est le cas d’Aline, 23 ans, persuadée que ses excès de vitesse à répétition avaient eu raison de ses douze points. Et miracle… Elle les a tous. Autre témoignage : celui d’André, retraité en Haute-Loire. « Je suis toujours crédité de 12 points alors que je pensais en avoir perdu six après avoir été verbalisé à trois reprises. »

Mais la prudence doit être de mise. Car le système ne livre pas une photographie de la situation en temps réel. Les points pourront être débités d’ici un an ou plus. Un fâcheux contretemps qui dépend de l’empressement des tribunaux de police à enregistrer les infractions. Certains, saturés, constituent un goulot d’étranglement qui pénalise le système. « On pourrait un peu plus s’y retrouver si Télépoints livrait l’historique des infractions comme c’est le cas à la préfecture. Mais par Internet, on n’a pas accès à ces données », déplore Me Jean-Baptiste Iosca, expert du droit de l’automobile. D’ici quelques mois, Télépoints fera l’objet d’une évaluation par les services du ministère de l’Intérieur.

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